5.Des moeurs pour le moins particulières...
Tout d’abord, il faut savoir que le bitrompe dort très peu.
Toutes les observations ont montré qu’en effet, il ne peut dormir que trois nuits par mois, soit le soir de la pleine lune, ainsi que la nuit qui la précède et celle qui suit.
Les autres jours, un observateur persévérant et courageux pourra observer, peut être, bitrompe en train de briser énergiquement des blocs de sel aux abords d’un point d’eau calcaire… Dès qu’il a réussi à fendiller de gros blocs de sel, bitrompe cherche une lourde pierre pour écraser, en déployant tous ses efforts et toute son énergie, les cristaux de sel nécessaires à sa survie.
Une fois rassasié il est arrivé plusieurs fois d’observer un bitrompe reprenant ses forces sur une pierre chauffée par le soleil, à la manière des sauriens et autres reptiles. Il semblerait donc que le bitrompe soit un animal à sang froid, à organisme hétérotherme mais nous n’en sommes pas encore certains.
Au contact de l’homme, bitrompe se montre souvent très affectueux et fidèle, même si les périodes de gabelle, au Moyen-Age, ont été de grandes périodes de persécution pour l’espèce.
Bitrompe se montre même capable de répéter quelques mots simples du langage humain, d’apprendre son prénom…
Ajoutons que tous les écrits affirment que de préférence Bitrompe est plus facilement enclin à se souvenir des mots des langues Russe, Cyrillique et Pyfanique. Nous ne nous sommes pas montrés capables d’avancer un éclaircissement satisfaisant à ce sujet bien que nous supposons que ceci s’explique par la morphologie particulière de l’appareil phonatoire de l’espèce, et à la structure corticale de son/ses cerveau(x) facilitant peut-être l’apprentissage des consonnes gutturales.
Passons aux particularités physiologiques maintenant :
Il est établi qu’à la manière de beaucoup d’amphibiens et autres lombrics, bitrompe ne respire que par la peau. De plus il aurait, dès la naissance, de graves problèmes respiratoires (asthme, etc.…). Ceci oblige Bitrompe à dormir debout, car en position allongé il mourrait, étouffé par ses poils.
Enfin, et à l’exception des rares périodes de sommeil pendant lesquelles son métabolisme réduit lui permet de ne consommer que très peu d’oxygène, Bitrompe est forcé de rester constamment en mouvement pour respirer. En effet du fait qu’il ne respire que par sa peau, densément recouverte de poils, un bitrompe qui resterait immobile trop longtemps risquerait de se voir étouffé dans son propre gaz carbonique. En se mouvant constamment bitrompe renouvelle efficacement l’atmosphère miniature compris dans sa dense fourrure. Bitrompe est donc un animal très difficile à observer et à filmer dans son milieu naturel.
Comme le bitrompe ronfle énormément nous avons avancé l’hypothèse que l’évolution naturelle a poussé l’espèce à ne dormir que trois nuits par mois, car en ronflant bitrompe se met à la merci de tous les prédateurs. Bitrompe est pris d’une irrésistible envie de dormir à la veille de la pleine lune, le soir de la pleine lune et le lendemain.
Du fait d’avoir été ainsi privé de sommeil par l’évolution, bitrompe est devenu narcoleptique : des crises subites d’endormissement incontrôlables peuvent le prendre à tout moment et sans prévenir. Néanmoins lors des attaques de narcolepsie bitrompe se réveille toujours sur-le-champ car il ne peut dormir qu’à la pleine lune.
Pour pouvoir respirer aisément il faut que la peau du bitrompe soit toujours légèrement salée (ce qui dilate les pores et fait entrer l’oxygène) et humide. C’est pourquoi il adore se rouler dans les flaques d’eau salée lorsque l’occasion s’y prête…
Suite : Article 6 : "Prédateurs : Bitrompe est en voie de disparition ! "
